Un soin en institut commence toujours par un nettoyage, parce que toutes les étapes suivantes se font sur une peau nette. Ce premier temps libère la surface du maquillage, de l'excès de sébum et des particules accumulées, et il permet à l'esthéticienne d'observer la peau.
C'est souvent l'étape la moins remarquée par la cliente. Pour la professionnelle, elle conditionne tout le reste. La littérature dermatologique souligne elle aussi l'importance du nettoyage avant les actes esthétiques (Mukhopadhyay, 2011).
Ce que porte la peau en arrivant
Au fil de la journée, la surface de la peau accumule des éléments très différents. Le sébum et la sueur s'y mêlent aux cellules mortes qui se détachent. Le maquillage, la protection solaire et les poussières de l'air s'y ajoutent.
Une partie de ces éléments est soluble dans l'eau. Une autre est grasse et ne part qu'avec l'aide d'un agent nettoyant. Le nettoyage cosmétique a pour fonction de retirer cet ensemble. Les dermatologues rappellent qu'un nettoyant doit y parvenir en altérant le moins possible la barrière cutanée (Draelos, 2018).
Un geste en plusieurs temps
En cabine, le nettoyage suit un ordre précis. Les écoles d'esthétique lui donnent des noms variables. La logique reste la même.
Le démaquillage. Il retire d'abord le maquillage des yeux, puis celui du visage. Les produits de maquillage tiennent sur la peau par leurs corps gras et leurs pigments. Il faut les décrocher avant de nettoyer.
Le nettoyage. Il élimine ensuite le sébum, la sueur et les résidus restants. L'esthéticienne travaille avec les mains ou des éponges humides, par mouvements réguliers, du centre du visage vers l'extérieur.
Le rinçage. Il emporte le produit et ce qu'il a décroché. Un rinçage soigné évite de laisser des résidus de tensioactifs, qui prolongeraient leur contact avec la peau.
La lotion. Appliquée à la fin, elle termine le nettoyage et rafraîchit la peau avant l'étape suivante.
Observer la peau
Une peau démaquillée et nettoyée se laisse lire. L'esthéticienne voit son grain, son éclat, la répartition des zones grasses et sèches, les rougeurs passagères. Elle sent sous ses doigts la souplesse ou la rugosité.
Ces observations guident le choix des gestes et des produits pour la suite du soin. Elles se font mal sur une peau couverte de maquillage ou luisante de sébum. C'est l'une des raisons pour lesquelles le nettoyage ne se saute jamais, même quand la cliente arrive peu maquillée.
En cas de signe inhabituel ou persistant, une esthéticienne n'établit pas de diagnostic. Elle conseille à sa cliente de consulter un dermatologue.
Nettoyer sans brusquer
Un nettoyage efficace reste doux. Les tensioactifs agressifs peuvent abîmer les protéines et les lipides de la couche cornée, avec à la clé une sensation de tiraillement et de sécheresse après le lavage (Ananthapadmanabhan et al., 2004). Les tensioactifs doux interagissent beaucoup moins avec ces constituants.
Les professionnelles tiennent compte aussi de l'acidité naturelle de la peau, dont la surface a un pH moyen estimé à 4,7 (Lambers et al., 2006). Le choix du nettoyant, la température de l'eau et la durée du geste s'y adaptent.
En cabine, on travaille donc avec une eau tiède, des gestes enveloppants et un temps de contact mesuré. On sèche la peau en la tamponnant.
Un moment de transition
Le nettoyage a aussi une fonction moins technique. C'est le premier contact entre les mains de l'esthéticienne et le visage de sa cliente. Le rythme des gestes, la température de l'eau et le silence de la cabine installent le soin.
C'est souvent à ce moment que la détente commence. Le reste du soin s'appuie sur ce temps de passage.
Ce que l'on peut reprendre chez soi
Le nettoyage professionnel inspire quelques gestes simples à la maison.
- Démaquiller avant de nettoyer, en deux temps si le maquillage est couvrant.
- Utiliser une eau tiède.
- Masser sans frotter, du centre vers l'extérieur.
- Rincer soigneusement.
- Sécher en tamponnant.
Cet article fait partie de la Bibliothèque PHYTO 5.
Sources
- Ananthapadmanabhan KP, Moore DJ, Subramanyan K, Misra M, Meyer F. Cleansing without compromise: the impact of cleansers on the skin barrier and the technology of mild cleansing. Dermatologic Therapy. 2004;17(Suppl 1):16-25. DOI : 10.1111/j.1396-0296.2004.04s1002.x
- Draelos ZD. The science behind skin care: Cleansers. Journal of Cosmetic Dermatology. 2018;17(1):8-14. DOI : 10.1111/jocd.12469
- Lambers H, Piessens S, Bloem A, Pronk H, Finkel P. Natural skin surface pH is on average below 5, which is beneficial for its resident flora. International Journal of Cosmetic Science. 2006;28(5):359-370. DOI : 10.1111/j.1467-2494.2006.00344.x
- Mukhopadhyay P. Cleansers and their role in various dermatological disorders. Indian Journal of Dermatology. 2011;56(1):2-6. DOI : 10.4103/0019-5154.77542